samedi 1 février 2014

Écrire une biographe est une bien belle aventure que je suis en train d'expérimenter cette année. Tout le monde me semble biographiable, car toute vie mérite à mon sens d'être tirée de l'oubli, ne serait-ce qu'un seul instant, pour que l'on puisse tenter d'imaginer ce que fut une existence il a bien des années. Et lorsque l'on s'attaque à l'un des plus gros personnages de la vie culturelle lyonnaise des années 1950, autant dire que la recherche prend une ampleur toute particulière. Archives à foison, de nombreux témoins à interroger, famille, amis, collègues... Recréer le réseau d'un homme n'a jamais paru autant réalisable en quelques mois. 

La vraie question que je me pose, c'est comment faire la différence entre du harcèlement post-mortem et de la sacro-sainte "Recherche". Si la personne avait été encore vivante, j'aurais probablement déjà eu un procès pour harcèlement (réel, virtuel, aucune différence ici) et une interdiction de l'approcher à moins de 50 mètres. Pourtant, ici, même le ministère de la communication, en charge des archives privées interdites de consultation moins de 50 ans après la mort de la personne, me donne sa bénédiction de fouiller "au nom de la recherche universitaire." On ne m'a demandé aucune justification, aucune carte d'étudiant, aucun gage pour savoir si j'effectuais réellement un mémoire. Et la vie privée d'un homme s'ouvre à moi. 

Aujourd'hui, ce n'est que son réseau proche que j'ouvre. Un peu moins proche également. Organiste dans une église à 16 ans, je suis allée rencontrer l'actuel conservateur de l'orgue. J'ai envoyé des courriers dans son école primaire, dans son syndicat métallurgique, dans son école de musique, à la mairie, à ses enfants, à ses petits-enfants. J'ai fouillé dans son livret de famille, ai discuté librement de la mort de deux de ses enfants, des souvenirs de la première guerre mondiale et de la mort de son frère au front, de son mariage, des enterrements, de la vie somme toute. Je n'ai eu comme limite que la seule barrière morale que je me suis imposée et qui parfois, au fil des discussions, se déplace toujours un peu plus loin, "juste pour mieux comprendre."

Je me dis du coup qu'à laisser trop de traces, on devrait plutôt construire quelque chose qui permette au futur de ne pas trop réveiller le passé.

Edit: j'ai officiellement trouvé son numéro de sécurité sociale. Tout va bien.
 

lundi 2 septembre 2013

Du silence et peu de nouvelles pour plein de jolis projets en cours 


A ceux qui continuent de venir fouiller par ici, aux curieux de passage, à toi, qui à envie de me vendre du viagra ou me faire découvrir comment tu as doublé ton salaire grâce à de superbes placements, à mes amis égarés, aux inconnus arrivés par erreur ou à mes lecteurs fidèles... 

Si peu de choses écrites dernièrement pour beaucoup de choses en cours de production. J'ai terminé un mémoire, j'en commence un nouveau, mais surtout, deux projets me tiennent à cœur. Le premier est encore trop chaud pour vous en donner les premiers détails, mais sachez que vous retrouverez mon nom quelque part, dans une pièce de théâtre. 

Le deuxième est plus chaud, plus brûlant et peut vous concerner. HISTORIA, c'est le titre que vous allez devoir retenir. Un spectacle de mentalisme (forme de magie qui joue avec les pensées) que j'ai co-écrit, co-produit et co-mis en scène. Beaucoup de temps, beaucoup de bonheur aussi. Le plus grand serait maintenant que vous assistiez à une représentation. Ça tombe bien, on passe certainement par chez vous ! 

  • 31 octobre 2013, Espace Bonnefoy, Toulouse 
  • 2 novembre 2013, Espace 110, Mulhouse
  • 29 novembre 2013, Salle Paul Garcin, Lyon 
  • 17 janvier 2014, Rotonde de l'INSA de Lyon, Villeurbanne
  • 23 et 24 janvier 2014, théâtre de l'ENS, Paris 


Plus d'informations ici et les réservations se font .

Et puis si vous êtes dans le coin, passez me dire un petit bonjour, j'adorerai ça. 





lundi 26 août 2013

Les cris de baleine que tu peux entendre la nuit ne sont pas des chants ; ce sont de longues plaintes contre ceux qui refusent de voir la vraie beauté du monde.